Formation Lutte contre les rongeurs : identification, diagnostic terrain et stratégies de maîtrise

Durée

1 jours / 7 heures

Participants

15 maximum

Public

Tous publics

Financement

Plan de développement des compétences (OPCO), Fonds propres

Résumé

Identification des espèces, diagnostics, préventions, luttes intégrées, utilisations raisonnées des produits biocides, sécurités, traçabilités et cas pratiques.

À l’issue de la formation, le participant sera capable d’identifier les principaux rongeurs commensaux, de détecter une infestation active à partir d’indices de terrain, de sélectionner une stratégie de maîtrise adaptée et de mettre en œuvre ses décisions dans le respect des exigences de sécurité, de prévention sanitaire et de traçabilité.

Cette formation s’adresse aux Techniciens 3D, responsables d’exploitation, agents de collectivités, professionnels de l’hygiène et de la maintenance, et de façon générale, à tout professionnel intervenant ou souhaitant intervenir face à une problématique de rongeurs.

Cette formation ne se substitue pas au Certibiocide et ne permet pas l’obtention de celui-ci.

Pré-requis

aucun

Objectifs

Identifier les principales espèces de rongeurs commensaux à partir de leur morphologie, de leurs indices de présence et de leur comportement : rat brun, rat noir et souris domestique,

Détecter une infestation active à partir de l’analyse des six principaux indices de terrain : déjections, passages, terriers, dégâts, odeurs et bruits,

Sélectionner une méthode de maîtrise adaptée au contexte en combinant, selon le diagnostic, mesures de prévention, exclusion, piégeage, surveillance et recours raisonné aux rodenticides,

Appliquer les exigences réglementaires et de sécurité liées à l’utilisation professionnelle des rodenticides de type TP14 : respect de l’autorisation du produit, lecture de l’étiquette, sécurisation des dispositifs, équipements de protection individuelle et traçabilité,

Prévenir les risques zoonotiques liés aux rongeurs, notamment le risque d’exposition à la leptospirose, en appliquant les règles d’hygiène, de protection et de gestion sécurisée des zones contaminées,

Construire et justifier une stratégie d’intervention à partir d’un cas pratique représentatif d’une situation terrain.

Modalités et délais d'accès

Formation proposée en visio sur Zoom (avec assistance technique constante par téléphone).

 

Modalités spécifiques à la visio :

Lorsque la formation se déroule en classe virtuelle synchrone (visio) : le participant devra disposer d’un ordinateur ou d’une tablette, avec micro et webcam, et d’une connexion haut débit.
Dans ce cas, la formation se déroule selon les horaires et la durée du présentiel : il faudra donc prévoir un environnement propice à la concentration et à l’assiduité.

Une classe virtuelle (visio) implique la présence à distance des participants et l’utilisation  d’outils synchrones (en temps réel) qui permettent le contact en direct entre les intervenants et les participants mais également entre les participants eux-mêmes. Pour cela nous utilisons Zoom, qui offre en plus des fonctionnalités utiles telles que des sondages, des tableaux blancs interactifs, du partage d’écran, des outils de partage d’applications, audio et vidéo, etc. Ce n’est pas une visioconférence, ni un webinaire.

 

Modalités d’inscriptions :

Consultez le calendrier des sessions.

N’hésitez pas à nous contacter par téléphone ou mail,

Inscription possible jusqu’à la veille de la formation. Néanmoins, pour l’obtention d’une prise en charge des frais pédagogiques par un OPCO, prévoir 15 jours de délais pour obtenir un accord préalable.

Profil des formateurs

Hygiéniste 3D – Gestion Professionnelle des Nuisibles, formateur Certifié Certibiocide et Qualiopi.

Documents remis

Les supports de formation, livrets, documentations, sont fournis au format papier ou numérique

Méthodes mobilisées

Méthodes pédagogiques affirmatives : transmission du savoir par méthode expositive (cours magistral) ou démonstrative (atelier de démonstration avec explication).
Méthodes interrogatives : questionnement structuré pour faire découvrir et trouver, par induction ou déduction, les connaissances que l’on souhaite faire acquérir (session de questions-réponses).
Méthodes actives (ou expérientielles) : confrontation à la réalité des pratiques et aux difficultés rencontrées, afin de rechercher l’information nécessaire pour découvrir les meilleures solutions à mettre en œuvre et à évaluer (analyse de cas pratiques ou de situations réelles, jeu de rôle, échanges de pratiques). Le participant, impliqué et actif, apprend à travers ses expériences et ses connaissances préalables.

Alternance d’apports techniques ciblés, d’analyse de photographies, de repérage des indices de présence, de questions de décision, de quiz et d’étude de cas professionnel.
Animation en classe virtuelle synchrone avec partage d’écran, annotation de photographies et de plans, échanges guidés et résolution de situations professionnelles.

Modalité d'évaluation

Évaluation des apprentissages en cours de formation, réalisée en termes de connaissances et compétences par feedback, exercices, quiz.

Évaluation à partir d’un cas pratique de diagnostic rongeurs : identification des espèces, analyse des indices, choix d’une stratégie proportionnée, définition des mesures de sécurité et rédaction de préconisations.
QCM permet de vérifier l’acquisition des connaissances essentielles relatives aux espèces, aux indices terrain, aux méthodes de maîtrise, à la sécurité et à la traçabilité.

Évaluation de la satisfaction des apprenants : questionnaire d’évaluation de la formation à chaud.

Accéssibilité

Dans le respect de l’article 41 de la Loi pour l’égalité des droits et des chances, nos formations sont accessibles à tous, et notamment aux personnes en situation de handicap. Dans le respect de nos prérequis, les compensations à la situation de handicap sont organisées en amont de la formation, selon le handicap, et nous nous assurons que les conditions d’accueil et d’accès sont réunies. Si vous avez besoin que nous mettions en place des adaptations pédagogiques, compensations et aménagements, merci de cliquer sur ce lien.

Tarif

190 € (T.V.A. non applicable, art. 261.4.4 a du CGI) (T.V.A. non applicable, art 261.4.4 a du CGI)

Possibilités de financement

Dans le cadre d’un financement par votre OPCO (AKTO, Constructys, Uniformation, …), nous vous fournissons le devis, le programme et la convention de formation pour la demande. Attention aux délais de traitement de chaque OPCO.

Dans le cadre du FIFPL, de l’AGEFICE, ou de la Chambre des Métiers, la formation est susceptible d’être prise en charge dans la limite de votre enveloppe annuelle, suivant les critères en vigueur. Vous pouvez les consulter ici : FIFPL

Contexte, enjeux et objectifs de transformation des pratiques :

 

Contexte actuel de la lutte contre les rongeurs commensaux en France :

La lutte contre les rongeurs commensaux constitue aujourd’hui un enjeu à la fois sanitaire, économique, réglementaire et environnemental.
Le terme « commensal » désigne ici les espèces qui vivent à proximité de l’être humain et profitent des ressources associées à ses activités : nourriture, eau, déchets, bâtiments et abris. En France, la lutte professionnelle concerne principalement le rat surmulot ou rat brun (Rattus norvegicus), le rat noir (Rattus rattus) et la souris domestique (Mus musculus), susceptibles d’occasionner des dégâts et des problèmes sanitaires.

Un enjeu sanitaire qui reste bien réel :

La présence de rongeurs ne constitue pas seulement une nuisance liée aux dégradations ou à l’image d’un établissement. Ils peuvent participer à la circulation de différents agents pathogènes et contaminer l’environnement par leurs urines, leurs déjections ou par contact avec des surfaces et des denrées.

Ainsi, la leptospirose constitue un exemple particulièrement documenté : Santé publique France rappelle que les rongeurs, notamment les rats, les souris et les mulots, font partie des réservoirs animaux de bactéries du genre Leptospira. Les animaux infectés peuvent excréter ces bactéries dans leurs urines et contaminer l’eau ou les sols humides. Depuis août 2023, la leptospirose fait l’objet d’un signalement obligatoire en France.

Les données nationales les plus récentes disponibles concernent l’année 2025 : 562 cas de leptospirose ont été signalés en France, dont 274 en France hexagonale et en Corse. Parmi l’ensemble des cas signalés, 68 % ont nécessité une hospitalisation. Ces données ne signifient évidemment pas que tous ces cas ont été directement provoqués par des rats commensaux : Santé publique France identifie plusieurs types d’exposition, notamment les activités agricoles, le jardinage, les contacts avec des animaux et les activités en eau douce. Mais cela confirme néanmoins que la maîtrise des contacts avec les réservoirs animaux et les environnements contaminés reste un enjeu sanitaire.

Une pression importante dans les environnements liés à l’activité humaine :

Les rongeurs commensaux trouvent des conditions favorables dans les environnements urbanisés, les entreprises agroalimentaires, les commerces, les établissements de restauration, les entrepôts, les réseaux techniques ou encore certains bâtiments collectifs, dès lors qu’ils peuvent accéder simultanément à trois ressources essentielles : un abri, de l’eau et de la nourriture.

Soyons cependant prudents avant d’affirmer que les populations de rats explosent en France, car il n’existe pas de recensement national exhaustif permettant de mesurer une évolution uniforme des populations de rats sur l’ensemble du territoire. En revanche, la notice officielle du dispositif CERTIBIOCIDE, publiée par le ministère de la Transition écologique en mai 2025, mentionne explicitement la recrudescence de certains animaux porteurs de nuisances ou de risques pour la santé, parmi lesquels les rats. Cette constatation est l’un des éléments ayant conduit à renforcer l’encadrement des professionnels utilisant des produits biocides.

Dans le secteur alimentaire, l’enjeu est également réglementaire. Le règlement européen relatif à l’hygiène des denrées alimentaires impose notamment que des méthodes adéquates soient mises en place pour lutter contre les organismes nuisibles et que les denrées soient protégées contre les contaminations. Les déchets et zones de stockage doivent être gérés de manière à ne pas favoriser la présence d’animaux ou de nuisibles.

Une lutte qui ne peut plus reposer uniquement sur la pose de rodenticides :

L’évolution majeure de la dératisation professionnelle réside dans le passage progressif d’une logique essentiellement fondée sur la distribution d’appâts toxiques à une logique de maîtrise intégrée des populations de rongeurs.

Une intervention efficace suppose désormais de rechercher les raisons pour lesquelles les animaux sont présents et se maintiennent sur un site : points d’entrée, défauts d’étanchéité, accès aux réseaux, ressources alimentaires, gestion des déchets, points d’eau, possibilités de nidification ou de refuge et pression provenant de l’environnement extérieur.

La dératisation tend ainsi à combiner plusieurs familles d’actions :

le diagnostic et l’identification de l’espèce ;
la recherche des indices d’activité et des voies de circulation ;
la suppression ou la réduction des ressources disponibles ;
l’exclusion physique et l’obturation des points d’entrée ;
la surveillance de l’activité des rongeurs ;
les moyens mécaniques ou physiques de capture lorsqu’ils sont appropriés ;
et, lorsque cela est nécessaire, l’utilisation raisonnée de produits rodenticides autorisés.
L’objectif n’est donc plus simplement de tuer les individus visibles, mais de supprimer ou de réduire durablement les conditions permettant à la population de se maintenir ou de recoloniser le site.

Des rodenticides anticoagulants toujours importants, mais de plus en plus encadrés :

Les rodenticides appartiennent au type de produits biocides 14 (TP14) au sens de la réglementation européenne sur les produits biocides. En France, lorsqu’un produit TP14 est exclusivement destiné aux professionnels, son acquisition, son utilisation professionnelle ou sa distribution entrent dans le champ du CERTIBIOCIDE Nuisibles, dans les conditions prévues par l’arrêté du 9 octobre 2013 modifié.

Les anticoagulants antivitamine K restent une composante importante des moyens chimiques disponibles. Plusieurs substances sont encore approuvées au niveau européen, notamment le brodifacoum, la bromadiolone, le difénacoum, la diféthialone, le flocoumafen, le coumatétralyl et la chlorophacinone. À la date de septembre 2026, leur approbation européenne a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2026, le temps que soit achevé le processus de renouvellement.

Cette situation traduit cependant un équilibre délicat. Les anticoagulants sont efficaces, mais plusieurs d’entre eux présentent des caractéristiques préoccupantes. La réglementation européenne rappelle que ces substances répondent notamment à des critères de toxicité pour la reproduction et que la plupart possèdent des propriétés de persistance et de bioaccumulation. Leur utilisation peut également entraîner un risque d’empoisonnement primaire ou secondaire d’animaux non ciblés.

C’est pourquoi l’utilisation d’un rodenticide doit toujours être raisonnée en fonction du produit réellement autorisé, de son autorisation de mise sur le marché, des espèces ciblées, du lieu d’utilisation et des conditions précisées dans son résumé des caractéristiques du produit et son étiquetage. Il n’existe pas une règle d’utilisation unique applicable indistinctement à tous les rodenticides.

La résistance aux anticoagulants devient un paramètre technique important :

L’autre difficulté majeure est l’apparition de phénomènes de résistance aux rodenticides anticoagulants.

Dans plusieurs évaluations récentes de produits rodenticides, l’Anses indique que des données montrent le développement de populations de rongeurs résistantes aux anticoagulants antivitamine K de première génération et l’apparition de résistances croisées impliquant également des anticoagulants de seconde génération. Ces constats conduisent l’Agence à demander, pour certains produits, le suivi de la résistance des populations de rongeurs aux substances actives concernées.

Pour le professionnel, une consommation d’appât suivie d’une persistance de l’activité ne doit donc pas conduire automatiquement à augmenter la quantité de produit ou à prolonger indéfiniment le traitement. Une absence d’efficacité peut avoir plusieurs causes : mauvais positionnement, ressources alimentaires concurrentes, mauvaise identification des zones d’activité, …  L’analyse d’un échec de traitement devient ainsi une véritable compétence technique de dératisation.

Une remise en question progressive de l’appâtage permanent :

Le contexte européen évolue également concernant l’utilisation préventive et permanente des anticoagulants : la décision européenne de mars 2024 relative à l’évaluation comparative des rodenticides rappelle que l’appâtage permanent avec certains anticoagulants n’était déjà admis que dans des situations spécifiques, lorsque les autres méthodes s’étaient révélées insuffisantes. Certains anticoagulants ne sont pas autorisés pour cet usage en raison du risque d’empoisonnement des espèces non ciblées.

Puis, en mai 2025, le Comité des produits biocides de l’Agence européenne des produits chimiques a franchi une étape supplémentaire en recommandant, dans le cadre du renouvellement des substances anticoagulantes, de ne plus soutenir l’utilisation des anticoagulants en appâtage permanent par les professionnels de la lutte antiparasitaire, considérant que des solutions chimiques ou non chimiques présentant moins de risques existent pour cet usage. Il s’agit, à la date de septembre 2026, d’un avis intervenant dans le processus européen de renouvellement et non d’une règle générale que l’on pourrait appliquer indépendamment des autorisations de chaque produit.

Cette évolution illustre néanmoins clairement la direction prise par la réglementation : réduire l’exposition inutile aux rodenticides et privilégier l’utilisation des produits chimiques uniquement lorsqu’une infestation est effectivement caractérisée et que leur emploi est justifié.

Le métier de dératiseur évolue donc vers une activité de diagnostic et de maîtrise du risque :

Dans ce contexte, la valeur ajoutée du professionnel ne réside plus uniquement dans sa capacité à installer des postes d’appâtage : elle repose de plus en plus sur sa capacité à comprendre le fonctionnement d’une infestation. La dératisation moderne s’inscrit donc dans une démarche dans laquelle le produit biocide n’est qu’un outil parmi d’autres. Cette évolution répond à trois objectifs complémentaires : obtenir une maîtrise durable des populations de rongeurs, limiter les risques pour les personnes et les animaux non ciblés et réduire les impacts environnementaux liés à l’utilisation des rodenticides.

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