Formation Renforcer l’alliance thérapeutique par des techniques de communication d’inspiration hypnotique

Durée

2 jours / 12 heures

Participants

20 maximum

Public

MK

Financement

Plan de développement des compétences (OPCO), Fonds propres

Résumé

Accompagner le patient présentant une anxiété liée à la séance de Masso kinésithérapie, au mouvement, à la mobilisation, au toucher thérapeutique ou à l’exercice, en mobilisant la communication thérapeutique d’inspiration hypnotique, afin d’améliorer l’alliance thérapeutique, réduire l’appréhension liée à la séance et favoriser une meilleure tolérance du patient à la mobilisation, au travail manuel ou à l’exercice, sans se substituer aux prises en charge conventionnelles de la douleur.

Cette formation trouve sa légitimité dans l’axe « relation avec le patient » de la certification périodique, applicable aux masseurs kinésithérapeutes. Elle s’inscrit dans le champ du savoir être professionnel, de la relation thérapeutique et de la qualité de l’accompagnement du patient au cours de la séance. Son objet n’est pas de former à une hypnose antalgique autonome, ni à une hypnothérapie, mais à l’usage prudent de techniques de communication thérapeutique intégrées à la séance de masso-kinésithérapie. La note d’information « MK fiche-hypnose.pdf » rappelle en effet que les séances d’hypnose destinées à réduire la douleur ou à visée d’anesthésie relèvent d’actes médicaux, que l’hypnose antalgique ne doit pas se substituer à une prise en charge conventionnelle, et que les preuves d’efficacité restent limitées dans de nombreuses indications. Dès lors, l’intérêt de cette formation pour les masseurs-kinésithérapeutes réside dans le renforcement de compétences relationnelles utiles pour mieux accompagner les patients présentant appréhension, anxiété, hypervigilance ou difficulté de tolérance à la mobilisation, au travail manuel ou à l’exercice, dans le respect strict du cadre professionnel. (Légifrance)

IMPORTANT :

Cette formation porte exclusivement sur l’usage de techniques de communication thérapeutique d’inspiration hypnotique, intégrées à la séance de masso-kinésithérapie, dans un objectif de sécurisation relationnelle, d’amélioration du vécu de la séance et d’ajustement de l’attention du patient. Elle ne constitue ni une formation à l’hypnoanalgésie, ni une formation à l’hypnosédation, ni une formation à l’hypnothérapie.

De plus, le programme intègre un apport d’information sur l’état actuel des connaissances, incluant les limites des preuves d’efficacité selon les indications, afin de prévenir toute surinterprétation des effets attendus.

Pré-requis

aucun

Objectifs

  • repérer les manifestations verbales, non verbales et contextuelles de l’anxiété liée à la séance de masso-kinésithérapie, au mouvement, à la mobilisation, à l’effort ou à la douleur anticipée ;
  • adapter sa communication verbale, non verbale, para-verbale et son guidage relationnel à la situation clinique rencontrée en masso-kinésithérapie ;
  • utiliser des techniques brèves de communication thérapeutique d’inspiration hypnotique compatibles avec le champ d’exercice du masseur-kinésithérapeute ;
  • sécuriser l’information, le consentement, la relation thérapeutique, l’alliance rééducative et la traçabilité ;
  • évaluer l’effet de son intervention sur le vécu de la séance, la tolérance à la mobilisation ou à l’exercice, et ajuster sa pratique ;
  • identifier ses limites et orienter le patient lorsque la situation excède le cadre de la masso-kinésithérapie.

Modalités et délais d'accès

Le nombre minimum de participants requis pour le maintien de la formation est de 5.

 

Formation présentielle : consulter le calendrier des sessions.

 

Modalités d’inscriptions :
– en nous contactant par téléphone ou mail,
– en remplissant le formulaire d’inscription de la session choisie.

 

Inscription possible jusqu’à la veille de la formation, pour les actions de FIFPL collectives. Pour les formations FIFPL individuelles, prévoir 15 jours de délais pour obtenir l’accord de prise en charge.

Profil des formateurs

masseur-kinésithérapeute, maître praticien en hypnose ericksonienne, formateur pour adultes

Documents remis

Remise d’un livret pédagogique reprenant les notions essentielles, fiches techniques, fournis au format papier ou numérique

Méthodes mobilisées

Alternance d’apports cognitifs ciblés, d’analyses de situations cliniques, de démonstrations, d’exercices dirigés et de mises en pratique en petits groupes,
Présentation PowerPoint en vidéo projection.

Modalité d'évaluation

Evaluation diagnostique (questionnaire d’entrée et auto-positionnement), formative (observation en jeux de rôle et simulations avec feedback), sommative (scénario standardisé + test de connaissances), impact / transfert (plan d’action individuel et, dans un second temps, grille d’évaluation à froid)

Accéssibilité

Dans le respect de l’article 41 de la Loi pour l’égalité des droits et des chances, nos formations sont accessibles à tous, et notamment aux personnes en situation de handicap. Dans le respect de nos prérequis, nous mettons en œuvre les adaptations pédagogiques nécessaires, selon le handicap, et nous nous assurons que les conditions d’accueil et d’accès sont réunies. Si vous avez besoin que nous mettions en place des adaptations pédagogiques, compensations et aménagements, merci de cliquer sur ce lien.

Tarif

600 € (T.V.A. non applicable, art. 261.4.4 a du CGI) (T.V.A. non applicable)

Dans le cadre du FIFPL, la formation est prise en charge dans la limite de votre budget, suivant les critères annuels en vigueur. Vous pouvez les consulter ici : FIFPL

Contexte, enjeux et objectifs de transformation des pratiques :

 

Dans le contexte actuel, la qualité des soins ne se réduit plus à la seule qualité technique du geste. Les attentes institutionnelles intègrent désormais de façon explicite l’expérience du patient, la qualité de la relation soignant-soigné, l’information délivrée, le respect des droits de la personne et la prise en compte de la douleur. La HAS a, par exemple, renforcé cette orientation dans le référentiel de certification des établissements de santé version 2025, en insistant davantage sur les droits du patient, sa place d’acteur de sa prise en charge et la prise en compte effective de son expérience.

Dans le même mouvement, la douleur est reconnue par les autorités sanitaires comme un marqueur majeur de la qualité clinique. La HAS rappelle que l’évaluation et la prise en charge de la douleur constituent une priorité de santé publique et un révélateur de la qualité des pratiques. La prévention, l’évaluation et le soulagement de la douleur constituent donc un enjeu quotidien pour les professionnels de santé, y compris en ville et au domicile.

La finalité est donc de renforcer la relation thérapeutique avec le patient, en prenant en compte sa souffrance physique et psychique, dans le cadre des soins et des prises en charge de masso-kinésithérapie. Il ne s’agit pas d’acquérir une compétence de traitement autonome de la douleur par hypnose ; mais d’acquérir des outils relationnels prudents, limités et contextualisés.

Limites 

Cette formation n’autorise pas la mise en œuvre d’une pratique autonome de l’hypnose à visée antalgique, anesthésique ou psychothérapeutique. Elle ne vise pas la prise en charge des phobies, troubles anxieux, syndromes post-traumatiques, addictions, troubles du comportement alimentaire, ni l’exploration de souvenirs ou de conflits psychiques.

Sont exclues du champ de la formation :

  • toute visée d’anesthésie ou de sédation ;
  • toute promesse de traitement spécifique de la douleur par hypnose ;
  • toute démarche psychothérapeutique ;
  • toute recherche de souvenirs, régression, ou travail sur l’histoire traumatique du patient ;
  • toute utilisation en substitution d’un avis médical ou d’une prise en charge conventionnelle.

Conditions d’utilisation en pratique

Les outils abordés ne peuvent être utilisés qu’en complément d’une prise en charge kinésithérapique conventionnelle, dans le respect du consentement du patient, de son confort, de sa sécurité, et des limites du champ professionnel du masseur-kinésithérapeute.

Hypnose conversationnelle et missions du masseur kinésithérapeute

Du point de vue réglementaire, l’hypnose conversationnelle est compatible avec les missions du masseur-kinésithérapeute lorsqu’elle est utilisée comme modalité relationnelle adjuvante intégrée à une séance de masso-kinésithérapie, et non comme une pratique autonome détachée du soin kinésithérapique. En effet, la masso-kinésithérapie consiste en des actes manuels ou instrumentaux ayant pour but de prévenir l’altération des capacités fonctionnelles, de contribuer à leur maintien ou de les rétablir, ces actes devant être adaptés à l’évolution des sciences et des techniques ; le masseur-kinésithérapeute doit en outre tenir compte des caractéristiques psychologiques, sociales, économiques et culturelles de chaque patient, établir un diagnostic kinésithérapique, fixer des objectifs de soins et choisir les techniques qu’il estime les plus appropriées. Il est libre de ses actes, sans négliger son devoir d’accompagnement moral, mais il doit limiter son intervention à ce qui est nécessaire à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité des soins.

Dans ce cadre, l’usage d’une communication hypnotique destinée à diminuer l’anxiété, améliorer l’adhésion à la mobilisation, faciliter la rééducation respiratoire ou rendre un exercice mieux toléré peut s’inscrire dans le soin, à la condition de respecter l’obligation d’information loyale, claire et appropriée, la recherche du consentement dans tous les cas, l’obligation de soulager les souffrances par des moyens adaptés, ainsi que l’interdiction de proposer au patient un procédé « illusoire ou insuffisamment éprouvé » ou de lui faire courir un risque injustifié.

En pratique, cela signifie que l’hypnose conversationnelle est juridiquement recevable pour un masseur-kinésithérapeute si elle reste un outil de communication thérapeutique au service d’objectifs de rééducation, de prévention ou de maintien fonctionnel, dans le respect du champ professionnel, des données de la science et du code de déontologie. (Légifrance).

Hypnose conversationnelle et exercice infirmier

Sur le plan des missions professionnelles, le cadre infirmier actuel associe expressément qualité technique, qualité relationnelle, respect des droits et recours aux données probantes. La loi du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier a inscrit parmi les missions de l’infirmier le fait de dispenser des soins « préventifs, curatifs, palliatifs, relationnels ou destinés à la surveillance clinique ». Le cadre réglementaire consolidé rappelle en outre que les soins infirmiers « intègrent qualité technique et qualité des relations avec le malade », qu’ils sont réalisés en tenant compte de l’évolution des sciences et des techniques, et qu’ils ont notamment pour objet de participer « à la prévention, à l’évaluation et au soulagement de la douleur et de la détresse physique et psychique des personnes ». Le décret du 24 décembre 2025, qui doit préciser les activités et compétences infirmières ainsi que les modalités de la consultation infirmière, confirme cette orientation en prévoyant que l’infirmier réalise ses soins en tenant compte de l’évolution scientifique et technique des pratiques, des données probantes, des règles déontologiques et des droits de la personne, et qu’il assure des soins relationnels permettant d’apporter un soutien psychologique. (voir LOI n° 2025-581 du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier)

L’intérêt d’une formation à l’hypnose conversationnelle s’inscrit donc dans cette évolution : il ne s’agit pas d’ajouter une pratique extérieure au soin infirmier, mais de renforcer une compétence de communication thérapeutique utile dans les situations où l’anxiété majore la douleur et altère le vécu du soin. Les données disponibles vont dans ce sens. L’Inserm indiquait déjà que l’hypnose présente un intérêt principalement pour la douleur et l’anxiété lors de gestes chirurgicaux brefs ou de radiologie interventionnelle. Une méta-analyse publiée en 2025 conclut que l’hypnose est reconnue comme une intervention non pharmacologique efficace pour réduire l’anxiété, la douleur et le stress physiologique lors de procédures invasives, même si l’hétérogénéité des techniques appelle à rester prudent dans l’interprétation et dans la transposition des résultats. Une autre méta-analyse récente souligne par ailleurs que l’anxiété avant un soin ou préopératoire est fréquente, touchant selon les études 60 à 80 % des patients. Ces éléments n’autorisent pas à promettre un résultat uniforme, mais ils justifient l’intérêt d’une formation centrée sur des techniques conversationnelles brèves, intégrées au soin et adossées à un cadre éthique et clinique rigoureux. (voir INSERM, rapport thématique : évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose)

Dans le cadre réglementaire applicable à l’infirmier libéral pratiquant l’hypnose conversationnelle, l’IDEL peut recourir à une communication thérapeutique visant à sécuriser le patient et à limiter l’anxiété liée au soin, à condition de rester strictement dans son champ de compétence. Le Code de déontologie lui impose de consacrer le temps nécessaire au soin en s’aidant, autant que possible, des méthodes scientifiques et professionnelles les mieux adaptées ; il lui interdit d’entreprendre ou de poursuivre des soins dans des domaines qui dépassent ses connaissances, son expérience, ses compétences ou les moyens dont il dispose. Il lui est également interdit de proposer au patient comme salutaire ou sans danger un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé, et il ne doit pas utiliser une technique nouvelle de soins infirmiers qui ferait courir au patient un risque injustifié. Pour l’hypnose conversationnelle, cela implique un usage mesuré, intégré au soin, présenté comme un soutien relationnel complémentaire, et non comme une thérapeutique miracle ou exclusive.

En outre, l’infirmier a le devoir, en toutes circonstances, de s’efforcer de soulager les souffrances du patient par des moyens appropriés à son état, et, dans le cadre de ses compétences propres ou sur prescription / protocole, de dispenser des soins visant à soulager la douleur. L’hypnose conversationnelle n’exonère donc ni de l’évaluation clinique, ni des traitements antalgiques indiqués, ni de l’orientation vers le médecin ou un autre professionnel compétent lorsque la situation l’exige.

Enfin, parce qu’il exerce en libéral, l’infirmier doit garantir les conditions matérielles, documentaires et déontologiques de sa pratique. Pour une mise en œuvre de l’hypnose conversationnelle, cela conduit à suivre une formation spécifique, à assurer une traçabilité minimale des situations de soin concernées et une actualisation régulière des connaissances.

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